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Alexeï Ivanovitch Kantsourov
Moscovite,
originaire du Nord-Caucase,
né en 1932

Kantsourov



En 1968, lorsque Kantsourov est arrivé du village de Camia à Moscou, il a temporairement reçu une petite pièce dans un appartement communautaire. On lui avait demandé de travailler 5 ans en tant que maçon, après quoi, on lui attribuerait son propre appartement. Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée, Kantsourov n’avait toujours pas reçu de logis.


Depuis 36 ans, il vit dans sa chambre minuscule mais il ne proteste pas. D’ailleurs, il n’a jamais protesté. Kantsourov ne sait pas faire de choix. Il accepte sa condition. Il vit comme un soldat dans sa caserne, parce qu’il a peur de la vie extérieure, probablement à cause des sans-abri. Il a aussi peur que l’État démolisse l’immeuble où il habite, parce qu’il s’effrite et qu’il demeure insalubre. Si les autorités décidaient de démolir l’immeuble, Kantsourov ne serait pas relogé. Il deviendrait lui-même un sans-abri; cette pensée l’obsède et l’effraie.


L’état actuel de Kantsourov ne l’empêche toutefois pas d’être heureux parce qu’il a en lui une grande volonté, et surtout, il est libre. Kantsourov est un peintre d’une force incroyable. Il se considère comme le gardien de la vie et de la patrie. La beauté et la profondeur de ses œuvres sont indescriptibles. La peinture donne une raison de vivre à cet homme qui interprète la nature comme un porte-bonheur.



Alexeï Yakovlevitch Sizov
Moscovite,
d’origine Komi-Permiak (Oural),
né en 1925

Sizov



Alexeï Yakovlevitch Sizov était un sujet idéal pour le régime. Convoqué dans l’armée alors qu’il ne parlait pas le russe, on l’éduqua jusqu’au niveau universitaire. Sizov adhérait totalement aux valeurs communistes. Grâce à sa bonne volonté et à son bon comportement, il gradua rapidement au sein de l’armée soviétique. De simple soldat, il passa au grade d’armurier à la base aérienne. Il fut ensuite promu colonel pour être finalement affecté au laboratoire scientifique de la section des missiles.


Parce que l’État l’avait éduqué, Sizov lui en était reconnaissant. C’est pourquoi, durant vingt ans, il dénonça les injustices et les actes criminels dont il était témoin, en écrivant au Comité central du Parti communiste de l’URSS. À l’époque, cette initiative était très risquée. Sizov est demeuré vivant, mais son comportement lui causa beaucoup de problèmes au sein de son régiment. Parce qu’il portait des épaulettes, Sizov se considérait avant tout comme un représentant du peuple.


Sizov a fini par être expulsé de l’armée. On lui imposa le poste de garde forestier, fonction qu’il occupe depuis 24 ans et qui, enfin, le rend heureux. Il dénonce toujours les injustices et les conditions de vie de ses concitoyens. Cette action sociale est pour lui d’une importance primordiale, parce qu’il n’arrive pas à se faire à l’idée qu’en Russie, un pays riche, la plupart des gens vivent comme au Tiers monde.


Cependant, le bonheur pour Sizov, c’est de peindre ses souvenirs. Il ne s’accroche plus ni à l’armée, ni au communisme. C’est un homme sincère, épris de vérité et de justice pour tous et l’art l’aide à transmettre ses idéaux.